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En trans(it).

#empowerwomenthroughcreativity

Pendant longtemps - et encore aujourd’hui - le Voyage (mettons lui une majuscule, il la mérite bien !) a inspiré nombreuses de mes collections Heimstone. J’adore voyager, et considère presque que le « voyage » est un art en soi.

Lorsque j’ai lancé la marque en 2007, je n’avais pas encore d’enfants et mon désir de liberté ainsi que celui de découvrir le monde étaient infinis. À cette époque, ma soeur jumelle Caroline (@threesevenparis) travaillait à New York chez TBWA Chiat Day. Ma vie sentimentale, professionnelle mais aussi mes envies personnelles étaient partagées entre la France et les États-Unis, où je me rendais toutes les deux ou trois semaines.

Outre tous les moments merveilleux passés à NYC et à parcourir le pays, j’attendais toujours avec impatience l’arrivée à l'aéroport, le passage de la sécurité (moments souvent laborieux, mais je ne sais pour quelles raisons qui attisent en moi une forme d’excitation). Une fois tous ces « examens d’entrée » passés, je me délectais des 7 heures de vols qui s’ouvraient à moi.

Carnet de croquis à la main, il m’arrivait de dessiner la quasi-totalité d’une collection sur un vol Paris- New York, les silhouettes et les imprimés filaient sur mon carnet aussi vite que mon avion…

 

 

La créativité du voyage

D’ailleurs, j’ai dessiné la plupart des modèles « iconiques » d’Heimstone dans des avions.

Je pense notamment à la boots Hook (la première paire de chaussures Heimstone), dessinée sur un vol Denver (Colorado) - Paris en 2011. Je me souviens que je voulais tellement qu’elles soient proches de ce que j’avais en tête (avec beaucoup de mélanges de cuirs), que j’avais fait le croquis à l’aquarelle afin que mon fabricant puisse la conceptualiser au mieux. Mon voisin de vol, lui, a été ravi de me voir sortir tout mon matériel et mon gobelet d’eau qui tenait en équilibre au-dessus de mon genou !

La robe Java a été dessinée sur un vol Paris/Sydney en 2012.

Enfin, je ne pourrai pas lister tous les modèles qui ont été dessinés sur le vol Air France Paris/NYC de 8h15, mais ils sont nombreux…


« Ce n’est pas la destination qui compte, c’est le voyage »

Jack London (écrivain américain)


J’ai longtemps essayé de comprendre ce qui stimulait tant ma créativité à ce moment-là, ce qui libérait ces petites cellules d’oxygène dans mon cerveau que j’appelle aussi « mes bulles à idées ». Puis j’ai compris que je n’étais pas seulement excitée à l’idée d’arriver à destination, de découvrir une autre ville ou un nouveau pays, une nouvelle cuisine, mais que c’était finalement l'expérience globale autour du voyage qui me galvanise. Notamment toutes les étapes de préparation : la projection d’acheter les billets, faire les bagages, chercher un hôtel etc…Cet état que l’on connaît tous/toutes et qui active le cerveau en mode découverte. On est alors autant à l'affût que vulnérable face à la nouveauté.

Passion aéroport

En étroite relation avec cet amour des voyages, je dois admettre aussi que je pourrais passer mes journées dans un aéroport. C’est bien, au moins, je ne coûte pas cher en voyage, vous pouvez me prendre une chambre d'hôtel à Roissy-Charles de Gaulle et c’est réglé !

D'aussi loin que je m'en souvienne j’ai toujours adoré ça. J’ai toujours aimé cette notion d’aventure qui s’ouvrait à moi. À mes yeux les aéroports, les gares mais aussi les voitures, ont toujours été perçus comme un pont, une passerelle vers l’inconnu, la nouveauté. Pour y accéder il faut se préparer, se projeter, s’imaginer pour pouvoir ensuite totalement s’abandonner a la nouveauté.

J’y ressens une forme d’énergie impalpable mais puissante comme si ces aéroports recueillaient un échantillon des habitants de la planète dans un seul et même espace. Des milliers de personnes de cultures et de croyances différentes se croisent, visiblement pour aller quelque part, mais dans quel but ? Où vont-ils ? Il y a le voyage de plaisir sans aucun doute, des vacances sûrement, mais aussi des raisons personnelles qui font voyager ces gens, des motivations politiques ? Qui sait ? Une nouvelle vie qui commence ? L'Amour ? La fuite ?

Ces carrefours que sont les aéroports appellent à une ouverture sur le monde, à l’acceptation du fait que nous sommes tous/toutes différent(e)s. Cette mixité des cultures nous rend dans un sens plus vulnérables, plus à l’écoute, moins sûr(e)s de nous et de ce que nous sommes. Ils sont un premier pas vers le voyage finalement, tous les champs des possibles sont réunis. Cela nous invite à être beaucoup plus dans l’acceptation de l’autre et des événements du quotidien.

J’y vois comme une passerelle vers un ailleurs, symbolique ou non… comme une invitation au changement de vie, que ce soit pour une journée ou pour toujours ! C’est vrai après tout, à tout moment on peut décider de mettre sa vie sur pause et en commencer une nouvelle, simplement en changeant de ville ou de pays, et y faire peau neuve.

Notre quotidien n’est finalement pas une fin en soi, il peut être totalement réinventé si on le souhaite. Et d’avoir sous les yeux ces possibilités de liberté totale, c’est pour moi la définition même de la créativité.

La photo d'un tarmac d'aéroport qui a inspiré le premier imprimé que j'ai dessiné pour la collection AW20/21 "1992" : TARMAC

 

Je peux passer des heures à observer les gens, à imaginer leurs vies, regarder comment ils voyagent, gèrent leurs enfants, combien de « petits sacs » ils trimballent avec eux et bien évidemment comment ils s’habillent, parce qu’on ne va pas se mentir, il y a un gros sujet à débattre sur la culture mode dans les aéroports…. team survet’ ou team tailleur et talons ?

Je profite de ce passage pour faire un petit aparté pratique et vous parler - notamment pour les mamans - de l’épineux sujet « Comment faire une valise réduite à l’essentiel pour partir le/la moins chargé(e) possible ? ». Car le voyage, c’est comme dans la vie, le moins on se traîne de « bagages », le mieux on se porte !

Chacun(e) à son échelle, on accumule en permanence des choses et sommes amené(e)s à penser que nous ne pouvons pas vivre sans un certain confort matériel.

Pour répondre à cette question de la valise qui m’est souvent posée je dirais que je conçois le voyage de manière assez épurée. Mon conseil tient donc en une phrase : je n’ai pas besoin ni pour moi ni pour mes enfants de douze tenues pour passer de bonnes vacances. Je prépare les valises 3 ou 4 jours en avance. Puis tous les jours, je retire des choses pour arriver à l’essentiel de nos besoins. Tout tient toujours dans des bagages cabine… et vous ?

« Celui qui veut voyager heureux doit voyager léger »

Antoine de St Exupéry (Écrivain français)

Lost in Translation / La créativité comme horizon

Mon mari aime autant le voyage que moi, mais aussi les aéroports, et aussi futile que cela puisse paraître notre amour commun pour les aéroports a créé un lien très fort entre nous.

Autant dire que nous avons un rituel bien précis, que nous chérissons à chaque voyage. Nous arrivons en général 4 heures à l’avance (il vaut mieux car observer les gens et imaginer leurs vies, ça prend du temps !). S’il faut se réveiller à 5h du matin pour prendre l’avion c’est encore mieux, ça nous laisse le temps de prendre notre temps et, même si ça a l’air bizarre dit comme ça, on se délecte de chaque seconde qui passe : le mauvais café, les files d’attente, la sécurité, le plateau repas etc.

On n’a même pas vraiment besoin de se parler pour se comprendre là-dessus, c’est comme si nous étions déjà « en transit » dans notre tête. Nos esprits s’évadent au milieu de tous ces gens.

C’est pendant ce temps de pause de nos cerveaux, ce moment de pleine conscience où nous arrêtons de penser et laissons le fil de nos idées filer que mes bulles à idées (et celles de mon mari) font leur apparition.

Arthur Koestler (écrivain hongrois) disait :

« La véritable créativité commence souvent là où le langage s'arrête.»

Comme je le dis souvent, la créativité revêt beaucoup de formes différentes mais elles ont souvent toutes un dénominateur commun : l'inspiration.

Mon mari est d’origine turque mais il a grandi en Australie. Il a vécu aux quatre coins du monde et a cette facilité incroyable à déménager comme il change de chaussettes. Il peut en un claquement de doigts et avec une aisance déconcertante décider de changer d’appartement, de ville ou le plus souvent de pays.

À l’observer être ainsi d’une manière qui m’a toujours parue si naturelle, je me suis maintes fois demandé ce qui faisait que c’était si simple pour lui ? Alors oui, très probablement que sa culture et ses origines y sont pour quelque chose, mais pas seulement… Je pense que la recette est plus universelle que ça. Il faut être avant tout à l’écoute de soi, de ses envies, de ses émotions, mais aussi se faire confiance et avoir confiance en la vie pour se jeter à nouveau dans l’inconnu.

Finalement, n’être attaché(e) à rien de matériel, être libre d’imaginer sa vie dans différents endroits, différentes cultures, être capable de s’adapter aux gens. Finalement recommencer une nouvelle vie aussi souvent que ça nous chante est pour moi un symbole de liberté absolue.


« La créativité, c’est d’abord regarder les choses différemment en s’éloignant des schémas de pensées traditionnels. »

Edward de Bono (Psychologue & Médecin)

En 2017, pour nos 5 ans avec mon mari, j'ignorais où il m'emmenait !


Quand soudain, le temps s’arrête

Le voyage ou l’art de mettre sa vie sur (une petite) pause.

Il y a les aéroports, le voyage au sens large, mais il y a aussi les vols à proprement parler que j’adore.

Pour moi, les vols longs courriers sont encore plus stimulants pour la créativité que les aéroports, mais pour des raisons complètement différentes.

Je les perçois comme une parenthèse dans le temps, comme si soudainement on pouvait appuyer sur le bouton pause, en apesanteur dans les airs, suspendu(e) dans le temps, entre deux continents, deux fuseaux horaires. Je trouve ça magique.

Le simple fait que nos téléphones soient coupés, que nous n’ayons pas internet, ni de réseaux sociaux pour parasiter notre bande passante, c’est un moment où il est beaucoup plus facile de trouver sa pleine conscience en étant dans le moment présent. Oui, il n’y a rien d’autre à faire que d’attendre que le temps passe, et c’est ce qui rend cette expérience merveilleuse à mon sens.

« Faites de la place dans un coin de votre esprit et la créativité va immédiatement le remplir. »
Dee Hock (ancien PDG de Visa)


Il est clair que dans nos quotidiens à 100 à l’heure, nous sommes stimulés en permanence. Il est donc rare de trouver des moments où nous pouvons nous retrouver avec nous-même et mettre notre cerveau en berne car notre société nous impose d’en toujours faire plus. Bien souvent, les moments de passivité sont perçus comme une sorte de fainéantise ou du temps perdu alors qu’ils sont essentiels. Surtout, nous devrions être capable d’y accéder quotidiennement.

Bien que des méthodes soient - et de plus en plus - mises en place pour trouver ces moments de calme et de pleine conscience (je pense au yoga, à la méditation, au sport de manière générale, mais aussi au sommeil) ils exigent aussi d’adopter une certaine rigueur et (on ne va pas se mentir) de s’y plier régulièrement pour pouvoir exploiter ces terres inconnues que sont notre conscience, notre imagination et notre créativité.

Dans ce contexte précis, lorsque l’on est dans un avion enfermé(e) pendant plusieurs heures, nous avons le choix de pouvoir prendre le temps et de décider de ne pas laisser notre esprit être parasité par des flux de pensées. Bien au contraire ! Nous n’avons que ça à faire de vider notre tête afin d’alléger ce que j’aime bien appeler « la bande passante ».

(À ce propos, je vous invite à lire le livre d’ Eckhart Tolle « The Power of Now », qui met en perspective l’importance de vivre le moment présent pour atteindre le bonheur total).

 

Le début des Alpes, vu de haut.

 

J’ai de la chance. Jusqu’à présent ma vie a été remplie de voyages, d’aéroports et de vols plus ou moins longs courriers. Mais - et vous l’aurez compris - il y a le fait de voyager, d’aller d’un endroit à un autre, et la symbolique de tout ce que le voyage implique. Par la force des choses, je crois qu’il y a une dimension très spirituelle dans mon approche du voyage. Finalement j’aime profondément l’idée que l’abandon total de ses convictions, de ses croyances et de ses habitudes sont indispensables pour pouvoir vivre pleinement cette expérience, tout en se laissant guider par ses sens et sa vulnérabilité.

Aujourd’hui et pour de multiples raisons, nos voyages sont parfois limités ou même carrément devenus impossibles. Les consciences écologiques se réveillent, chacune à leur rythme. Ne serait-ce que chez Heimstone, où nous avons considérablement réduit les distances de production, les coûts liés au transport, donc les impacts écologiques de celui-ci.

Est-ce la fin de l’aventure pour autant ? Je ne crois pas.

Dans ce contexte, encore plus depuis la crise sanitaire, nous avons appris que le voyage ne se situe pas dans une valise, un aéroport ou une destination au soleil.

Le premier pas du voyage, celui qui n’a pas de hall d’arrivée, c’est celui que l’on fait dans sa tête. C’est s’accorder une pause dans son quotidien pour aller voir plus loin, même si c’est à l’intérieur de soi. C’est voyager près de chez soi, y trouver des intérêts différents, redécouvrir des sentiers que l’on pensait connaître par coeur, faire preuve d’imagination. En un mot, de créativité. Ok, ça n’a peut-être pas la même saveur que d’aller en Thaïlande pour y découvrir sa météo moite et ses plats épicés, mais c’est déjà un bon début… de savoir que le voyage est infini si on l’a décidé !

«La créativité exige d’avoir le courage de laisser tomber les certitudes.»

Erich Fromm (Sociologue & Psychanalyste américain)


Sur notre shooting de la collection AW20/21 en février 2020, seuls sur le tarmac de l'aéroport Charles de Gaulle. Magique.


Last but not least ! Je voudrais profiter de cet article sur le Voyage pour remercier mille fois encore Paris Aéroport, toute sa formidable équipe mais aussi l’agence La Boutique RP, pour nous avoir donné la chance inouïe de shooter notre campagne hiver 20-21 de la collection 1992 à l’aéroport Charles de Gaulle.

Nous avons shooté cette collection juste avant le confinement du mois de mars 2020, c’était une journée chargée en émotions, déjà parce qu'aujourd'hui vous comprenez mieux mon lien avec les aéroports, mais aussi parce que l’ambiance était lourde, le temps menaçant et nous allions TOUS vers l’inconnu le plus total.

Evidemment, nous savions que ce genre de shooting ne serait plus autorisé pendant longtemps. Nous nous sommes senties privilégiées, alors merci !

Enfin, avec ces quelques lignes, j’ouvre la porte d’un plus grand sujet tout autour du voyage, si cher à Heimstone et ce que j’ai construit, que j’ai déjà hâte de l’explorer avec vous dans de futurs nouveaux articles.


4 commentaires


  • Merci pour cet instant de lecture et de partage, qui nous remémore la joie des voyages passés, l’envie de ceux à venir, la prise de recul sur l’instant présent, et surtout, ce rappel : la créativité à plusieurs facettes ! 🌸 Merci pour cette générosité et ces partages d’idées, d’histoires et de vécus personnels #myheartbeatsforheimstone

    Julia le

  • Merci Alix pour ce partage ! je ressens la même chose que toi et ton mari vis-à-vis des aéroports et du temps sur pause pendant le voyage. Je me réjouissais de faire un Genève/Brest en avion pour le mariage de mon frère, uniquement pour ce temps suspendu pendant lequel j’allais juste pouvoir « être » . c’est toujours un grand bonheur de lire tes partages et ta vision de la créativité. C’est une grande source d’inspiration pour moi. Un grand merci 🙏🏻 ☺️✨

    Stephanie le

  • Très sympa ce moment de lecture … un peu d’évasion et de magie 💫✨🌟

    Nadia le

  • Merci, Vous m’avez permis de voyager ‘de partir de revenir’ le temps de cette lecture. Je conçois tout à fait le voyage, ‘les voyages’, tels que vous les décrivez.
    Qu’ils soient physiques ou mental, la création et la Vraie Vie est là, ttes et ts les mêmes et ensemble pour LE PLUS BEAU DES VOYAGE ! Merci à vous et continuez à être ce que vous êtes.

    Marie Armande le

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